Etude Phytochimique et Evaluation des Activités anti-Oxydante, Anti-inflammatoire et Antifalcemiante des extraits de Rhizomes de Aframomum alboviolaceum (Ridl.) K. Schum (Zingiberaceae).
DOI:
https://doi.org/10.65857/raee.026.v4.i1.40Abstract
Les maladies bucco-dentaires représentent un problème majeur de santé publique en Afrique subsaharienne, notamment au Cameroun, où les barrières socio-économiques et l'accès limité aux soins dentaires modernes affectent des milliers de personnes. Dans les zones urbaines comme Douala, l'automédication et les remèdes traditionnels prédominent, 70 à 80 % de la population ayant recours aux connaissances ethnobotaniques pour ses soins de santé primaires. Des études antérieures menées en milieu rural au Cameroun ont recensé entre 30 et 289 espèces végétales pour le traitement des affections bucco-dentaires, mettant en évidence leurs propriétés analgésiques et antimicrobiennes. Cependant, de telles études n'ont pas été réalisées en milieu urbain côtier comme Douala. Cette étude visait à identifier les plantes utilisées pour traiter les maladies bucco-dentaires et à fournir une base scientifique à leur utilisation. Nous avons mené une étude descriptive transversale de mai à novembre 2025 à Douala, au Cameroun. Pour les enquêtes ethnobotaniques, nous avons utilisé des questionnaires semi-structurés auprès de guérisseurs sur les principaux marchés (Marché Central, Mboppi, Nkoloulou) et sur leurs lieux de travail. Des analyses en laboratoire ont été effectuées sur les espèces végétales prioritaires. Nous avons étudié leurs propriétés physico-chimiques, leur profil pharmacognostique et leur composition phytochimique. Une analyse descriptive des données a été utilisée. Le sex-ratio de nos informateurs était de 0,54 % en faveur des hommes pour 0,46 %. L'âge moyen était de 43,5 ans, et 56 % d'entre eux avaient atteint le niveau d'études secondaires. Nous avons identifié 78 espèces appartenant à 38 familles, principalement les Lamiacées et les Euphorbiacées. Les espèces les plus citées étaient *A. oleracea* (50), *S. aromaticum* (30) et *N. tabacum* (20). Le mode de préparation prédominant était la décoction (42,86 %), tandis que le principal mode d'administration était le bain de bouche (61,04 %). Les parties les plus utilisées étaient les feuilles (49,35 %). La gingivite (41,55 %) était la pathologie la plus fréquente. Nous avons identifié des caractéristiques pharmacognostiques distinctes, concordantes avec les données de la littérature. L'analyse phytochimique a révélé la présence d'alcaloïdes, de flavonoïdes, de polyphénols, de stérols/stéroïdes/terpènes et de résines chez toutes les espèces, et de coumarines uniquement chez *M. arvensis*. La présence de saponines (+) dans A. oleracea et M. arvensis confirme la validité des pratiques ethnobotaniques urbaines camerounaises en matière de santé bucco-dentaire, en révélant des plantes riches en composés bioactifs aux effets antimicrobiens et anti-inflammatoires potentiels. Ces résultats plaident en faveur d'une intégration fondée sur des données probantes dans les soins de santé et incitent à poursuivre les recherches in vitro sur l'activité, la toxicité et le développement durable afin de combler les lacunes et d'améliorer les soins primaires.
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