Écologie des habitats larvaires, utilisation des moustiquaires imprégnées et résistance aux pyréthrinoïdes des Anopheles gambiae s.l. dans deux agroécosystèmes périurbains de Kinshasa, République démocratique du Congo
DOI :
https://doi.org/10.65857/raee.026.v4.i1.60Mots-clés :
Anopheles gambiae s.l., paludisme, habitats larvaires, moustiquaires imprégnées d'insecticide, résistance aux insecticides, pyréthrinoïdes, butoxyde de pipéronyle, KinshasaRésumé
Contexte. Les agroécosystèmes urbains et périurbains peuvent créer des habitats aquatiques favorables aux vecteurs du paludisme, tandis que la résistance aux pyréthrinoïdes peut réduire l'efficacité des interventions fondées sur les insecticides. Cette étude a caractérisé les habitats larvaires et le statut de sensibilité des Anopheles gambiae s.l. dans deux zones agricoles de Kinshasa, avec un volet communautaire sur les moustiquaires imprégnées d'insecticide (MII). Méthodes. Une enquête transversale a été menée auprès de 300 ménages à Herady. Quarante gîtes larvaires ont été caractérisés à Herady et Mbanza-Lemba (20 par site) entre mars et mai 2026. La température, le pH, la conductivité, la turbidité et la salinité ont été mesurés. Les larves ont été élevées jusqu'au stade adulte ; les femelles ont été soumises à des bio-essais en tubes OMS avec perméthrine, deltaméthrine et alpha-cyperméthrine, avec et sans préexposition au PBO. Les comparaisons ont utilisé des tests paramétriques ou non paramétriques selon la distribution des données. Résultats. Parmi les 300 ménages, 171 (57,0 %) avaient reçu des MII lors de la dernière campagne ; parmi 244 moustiquaires évaluées, 122 (50,0 %) étaient en mauvais état et 151 (61,9 %) étaient suspendues pour le couchage. Les gîtes étaient tous associés à la rivière et à des sols humides/marécageux. Herady présentait une température (26,35 ± 1,16 °C) et un pH (8,31 ± 0,34) supérieurs à Mbanza-Lemba (23,75 ± 1,02 °C et 7,61 ± 0,64 ; p<0,001 pour les deux). La permanence des gîtes (p exact de Fisher = 0,047) et leur couverture (p = 0,010) différaient entre sites. Les bio-essais indiquent une mortalité inférieure au seuil OMS de sensibilité pour les trois pyréthrinoïdes dans les deux sites ; ces valeurs doivent toutefois être interprétées avec prudence, de légères incohérences ayant été relevées entre les effectifs et les pourcentages du tableau source. Conclusion. Les deux agroécosystèmes étudiés abritent des gîtes larvaires aux caractéristiques distinctes et les données disponibles suggèrent une résistance phénotypique aux pyréthrinoïdes. La couverture et l'intégrité des MII à Herady sont également sous-optimales. La quantification directe des expositions agricoles et la validation des bio-essais restent nécessaires avant d'attribuer la résistance observée aux pratiques agricoles.Téléchargements
Publiée
09-08-2026
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