Innovations Durables En Aquaculture et Rizipisciculture à Madagascar : Trajectoire Transformative 2021-2023

Auteurs

  • Rindra RABARISON Université d’Antananarivo, Antananarivo, Madagascar Auteur·e
  • Fiderana ARISON NASANDRATRA Université d’Antananarivo, Antananarivo, Madagascar Auteur·e
  • Blaise MBEMBO WA MBEMBO Département de Biologie, Faculté des Sciences et Technologies, Université de Kinshasa, Kinshasa, RD Congo Auteur·e
  • Colette ASHANDE MASENGO Section Biologie Médicale, Institut Supérieur des Techniques Médicales de Kinshasa, Kinshasa, RD Congo Auteur·e

Mots-clés :

Aquaculture durable, rizipisciculture, Madagascar, zones piscicoles d’émergence, sécurité alimentaire, économie bleue

Résumé

L’aquaculture à Madagascar connaît une croissance notable, bien que son potentiel demeure largement sous-exploité. Entre 2021 et 2023, la production nationale est passée de 16 000 à 37 000 tonnes, principalement grâce au développement de la rizipisciculture et de l’algoculture marine. Cette progression contribue partiellement aux besoins nutritionnels des 28 millions d’habitants, dans un contexte où près de 45 % des enfants souffrent de malnutrition, surtout dans les zones rurales des Hautes Terres. La rizipisciculture, combinant culture du riz et élevage de poissons sur une même parcelle, permet d’augmenter les revenus des ménages d’environ 30 %, tout en réduisant la consommation d’eau et en soutenant la biodiversité. L’expansion de 17 zones piscicoles d’émergence et l’accompagnement de 1 000 familles piscicultrices reflètent cette dynamique positive. En parallèle, le secteur crevettiers demeure fragile, affecté par la surpêche et les épisodes pathologiques récents. Sur le plan économique, l’aquaculture contribue à hauteur d’environ 140 millions de dollars en exportations, tandis que la consommation nationale atteint 8 kg/habitant/an, un niveau inférieur à la moyenne régionale. Comparée aux pays d’Afrique de l’Est, Madagascar se distingue par l’efficacité de ses systèmes extensifs, mais accuse un retard dans la modernisation des infrastructures, particulièrement en milieu rural. Les perspectives à l’horizon 2030 envisagent l’extension à 70 zones piscicoles, l’adoption de procédés innovants tels que le biofloc et l’intelligence artificielle, ainsi que la mise en place renforcée de zones marines protégées, afin de répondre aux enjeux de sécheresse, de surcharges de pêche et de sécurité alimentaire. Dans l’ensemble, Madagascar apparaît comme un modèle émergent d’aquaculture durable en Afrique australe, transformant progressivement ses contraintes structurelles en opportunités pour la résilience alimentaire, l’innovation agroécologique et l’emploi rural.

Téléchargements

Publiée

09-12-2025

Numéro

Rubrique

Articles

Articles similaires

Vous pouvez également Lancer une recherche avancée de similarité pour cet article.

Articles les plus lus par le même auteur ou la même autrice