Usage ethnomédical de Ricinodendron heudelotii (Baill.) Heckel (Euphrorbiaceae) à Gbado-Lite, Nord Ubangi en République Démocratique du Congo.
DOI :
https://doi.org/10.65857/Résumé
Cette étude a consisté d’étudier de manière quantitative et descriptive les usages ethnomédicinaux de Ricinodendron heudelotii à Gbado-Lite (Nord Ubangi) afin de documenter, valoriser et contribuer à la conservation des savoirs traditionnels. La méthode d’échantillonnage par boule de neige a été utilisée comme précédemment décrit. La majorité des participants sont âgés de 36 à 50 ans (46 %), suivis de ceux ayant entre 18 et 35 ans (35 %), et enfin des personnes de plus de 50 ans (19 %). En ce qui concerne le sexe, les femmes sont légèrement majoritaires (56 %) par rapport aux hommes (44 %). Le niveau d’instruction est relativement faible : seule 1 % des répondants a fait des études supérieures, 45 % ont atteint le niveau primaire, 24 % le secondaire, tandis que 30 % n’ont aucun diplôme. Sur le plan professionnel, la quasi-totalité (90 %) des enquêtés sont des agriculteurs, les autres professions étant marginales (médecin traditionnel 1 %, artisan 2 %, autres 7 %). Enfin, en ce qui concerne l’appartenance tribale, la tribu Ngbandi domine très largement avec 75 % des participants, suivie des Ngbaka (14 %), Mbanza (6 %) et Ngombe (5 %). Ces données indiquent un échantillon majoritairement rural, peu scolarisé, et sociologiquement homogène, dominé par une ethnie et une activité agricole. La partie de plante la plus utilisée est l’écorce (79 %), loin devant les racines (13 %), les feuilles (7 %) et les graines (1 %). Concernant la fréquence d’utilisation, une majorité (60 %) utilise les remèdes quotidiennement, tandis que 30 % y ont recours 2 à 3 fois par semaine, 7 % rarement, et seulement 3 % une fois par mois. La forme d’utilisation la plus courante est l’infusion (54 %), suivie de la poudre (31 %), de la décoction (14 %) et très rarement la mastication (1 %). Toutes les recettes sont monospécifiques (100 %), c’est-à-dire qu’elles utilisent une seule espèce végétale. Enfin, les principaux motifs d’utilisation sont le traitement d’une maladie spécifique (72 %) et l’amélioration de la santé générale (27 %), tandis que la prévention des maladies reste marginale (1 %).
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