Plantes médicinales utilisées dans la prise en charge traditionnelle de la dysfonction érectile chez les Ngbandi de Yakoma (Nord-Ubangi, République démocratique du Congo) : inventaire ethnobotanique et enjeux de conservation

Auteurs

  • Michel KAMIENGE KENGA Faculté des Sciences et Technologies, Université de Gbadolite, Nord-Ubangi, République démocratique du Congo Auteur·e
  • Benjamin MANDJO LINGBANDULU Faculté des Sciences et Technologies, Université de Kinshasa, Kinshasa, République démocratique du Congo Auteur·e
  • Constantin LUBINI AYINGWEU Faculté des Sciences et Technologies, Université de Kinshasa, Kinshasa, République démocratique du Congo Auteur·e
  • Bibiche MAYANU PEMBA Faculté des Sciences et Technologies, Université de Kinshasa, Kinshasa, République démocratique du Congo Auteur·e
  • Jean-Paul KOTO-TE-NYIWA NGBOLUA Faculté des Sciences et Technologies, Université de Kinshasa, Kinshasa, République démocratique du Congo Auteur·e

DOI :

https://doi.org/10.65857/raee.026.v4.i1.58

Mots-clés :

Ethnobotanique, plantes médicinales, dysfonction érectile, conservation, Ngbandi, Yakoma, Nord-Ubangi, RDC

Résumé

La présente étude porte sur les plantes médicinales utilisées dans la prise en charge traditionnelle de la dysfonction érectile par la communauté ngbandi de Yakoma, dans la province du Nord-Ubangi, en République démocratique du Congo (RDC). Elle vise à identifier les espèces mobilisées, à documenter les savoirs locaux qui leur sont associés et à examiner les enjeux de conservation liés aux organes et aux techniques de prélèvement rapportés. Une enquête ethnobotanique transversale descriptive, fondée sur des entretiens ouverts et semi-structurés et un échantillonnage à choix raisonné, a été conduite entre mars et avril 2026 auprès de 150 informateurs, à raison de 50 par secteur (Abuzi, Wapinda et Yakoma). L’étude a permis d’inventorier 25 espèces végétales appartenant à 25 genres et 19 familles botaniques. Mostuea brunonis Didr. présente la fréquence de citation relative la plus élevée (FCR = 0,167), devant Alchornea cordifolia et Mangifera indica (0,113 chacune) et Piper guineense (0,100). Le facteur de consensus des informateurs, calculé pour l’unique catégorie pathologique étudiée, est de 0,84 ; cette valeur traduit une convergence des citations, mais ne constitue pas une preuve d’efficacité thérapeutique. Les Rubiaceae constituent la famille la mieux représentée (16 %), suivies des Apocynaceae, Euphorbiaceae et Malvaceae (8 % chacune). Les arbustes dominent le spectre biologique (36 %), devant les arbres et les lianes (24 % chacun) et les herbes (16 %). Les racines sont les organes les plus sollicités (69 %), devant les feuilles (15 %) et les écorces (7 %). L’écorçage des tiges et des racines est la principale technique de prélèvement rapportée (82 %) et la décoction le principal mode de préparation (68 %), l’eau étant l’additif le plus employé (49,3 %). Les enquêtés attribuent principalement le trouble aux travaux pénibles (48 %) et à la sorcellerie (31 %). La quasi-totalité d’entre eux (98 %) déclare privilégier la médecine traditionnelle. La déforestation est la menace la plus fréquemment perçue (65,3 %). Ces résultats mettent en évidence des pratiques de prélèvement potentiellement dommageables et justifient des mesures de récolte durable ainsi que des études écologiques et pharmacologiques complémentaires.

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Publiée

08-08-2026

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