Savoirs écologiques traditionnels, usages des ressources biologiques et défis de préservation chez les Yaka du secteur de Kingulu (Kwango, République démocratique du Congo)

Auteurs

  • Raphael PANGIETO MAWESI Institut Supérieur Pédagogique de Kasongo-Lunda, Kasongo-Lunda, République démocratique du Congo Auteur·e
  • Aimé NDATUNA PANGIETO Assistant, Institut Supérieur des Techniques Médicales de Kasongo-Lunda, République démocratique du Congo Auteur·e
  • Gauthier MAMBOTE MANDIDI Chef de Travaux, Institut Supérieur de Développement et Techniques Rurales de Kitenda, République démocratique du Congo Auteur·e
  • Crispin NKOSI MFUMUNANI Chef de Travaux, Institut Supérieur de Développement et Techniques Rurales de Kitenda, République démocratique du Congo Auteur·e
  • Eustache KIDIKWADI TANGO Université de Kinshasa, Faculté des Sciences, Mention Sciences et Gestion de l’environnement Auteur·e
  • Honoré BELESI KATULA Université de Kinshasa, Faculté des Sciences, Mention Sciences et Gestion de l’environnement Auteur·e

DOI :

https://doi.org/10.65857/raee.026.v4.i1.52

Mots-clés :

savoirs écologiques traditionnels, ethnobiologie, ressources biologiques, conservation, communauté Yaka, Kingulu, Kwango

Résumé

Les savoirs écologiques traditionnels structurent l’accès, l’usage et la gestion de nombreuses ressources biologiques dans les milieux ruraux. Cette étude avait pour objectif de documenter les savoirs Yaka relatifs à l’utilisation et à la conservation des ressources biologiques et d’identifier les principaux défis de préservation perçus dans le secteur de Kingulu. Une étude ethnobiologique descriptive, à dominante qualitative et complétée par une composante quantitative descriptive, a été conduite dans 15 villages répartis entre les groupements de Baringa, Kikobo et Muningulu, du 15 août 2025 à la fin février 2026. Les données disponibles proviennent d’entretiens semi-directifs, de groupes de discussion, d’observations de terrain et d’un inventaire de ressources végétales. Le dénominateur analytique vérifiable est de 217 participants appartenant à cinq catégories d’acteurs. Les effectifs et proportions ont été recalculés uniquement à partir du tableau source; aucune analyse inférentielle n’a été ajoutée. Les 217 participants provenaient de Baringa (64/217; 29,5 %), Kikobo (75/217; 34,6 %) et Muningulu (78/217; 35,9 %); 170/217 (78,3 %) étaient des hommes et 47/217 (21,7 %) des femmes. Les catégories documentées étaient les tradipraticiens (47/217; 21,7 %), les agriculteurs (47/217; 21,7 %), les chefs de terre (45/217; 20,7 %), les pêcheurs (40/217; 18,4 %) et les notables (38/217; 17,5 %). L’inventaire végétal source comportait 19 taxons clés, utilisés notamment pour l’alimentation et la pharmacopée; plusieurs identifications restent toutefois à confirmer en l’absence de numéros de spécimens de référence. Les entretiens et observations rapportent des règles coutumières (forêts sacrées, interdits de prélèvement, restrictions d’accès), des pratiques ex situ (pépinières, jardins, élevage, pisciculture) et une perception locale de raréfaction de certaines ressources. Ces perceptions ne constituent pas, à elles seules, une preuve de déclin écologique. Les résultats documentent un corpus de savoirs écologiques et de règles locales de gestion potentiellement pertinent pour une gouvernance participative des ressources biologiques. Ils ne permettent cependant ni de démontrer des tendances démographiques d’espèces ni de mesurer l’efficacité écologique des pratiques de conservation. Des données écologiques standardisées, une traçabilité taxonomique renforcée et une documentation éthique complète sont nécessaires pour consolider ces conclusions.

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Publiée

05-08-2026

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